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Joseph Antoine BELL, le célèbre footballeur devenu Chef Traditionnel

Joseph Antoine BELL, le célèbre footballeur devenu Chef Traditionnel

Plus connu sous le nom de Jojo, celui qui a remporté deux coupes d’Afrique des nations avec les Lions Indomptables est depuis peu Chef traditionnel. Sa Majesté Joseph Antoine Belle, par ailleurs président du comité d’organisation de la cinquième édition du festival Mbogliaa nous entretien sur le Mbog et la culture. 

 
Portrait


LG 

Vous êtes un homme suffisamment connu sur le plan national et international. Vous avez été capitaine des Lions Indomptables du Cameroun et avez brillé dans plusieurs clubs français comme l’Olympique de Marseille. Comment Jojo est-il devenu Sa Majesté Joseph Antoine Bell?
S. M. JAB
On doit avoir décelé chez vous ce qui fait de vous un chef. La sagesse ne s’acquiert pas en un jour ; ce n’est pas parce qu’on vous a décrété sage que vous devenez sage ce jour-là. Le commandement s’il se prend en un jour, il s’exerce toujours. Le commandement n’est pas comme l’on pense, brimer les gens. C’est en réalité guider et, pour être guide, on ne le devient pas en un jour. C’est depuis tout petit qu’on montre des aptitudes à aider les autres, à se préoccuper des autres et pour ce faire, il faut savoir ce qui leur manque et où ils doivent aller. Le guide c’est celui qui trace la voie, qui montre la voie, qui est au service des autres. Pour être consacré, il faudrait qu’on ait vu que vous êtes au service des autres. Comme chef, il n’y en a qu’un seul à la fois, mais pour qu’un jour vous occupiez la place de chef, il faut que vous ayez été chef tout au long de votre vie.

 

LG
Dans la communauté Bassa, le Mbombog est omniprésent. Le commun des camerounais ne sait pas toujours qui est cette personnalité. Qu’est-ce qu’un Mbombog ? Peut-on dire qu’un Mbombog est un patriarche ?
SM JAB
Le Mbombog est plutôt sagesse que vieillesse. Tous les vieux ne sont pas des Mbombog, même si on a tendance à appeler Mbombog quelqu’un qui est âgé. De la même manière que quand l’on traduit Mbombog par patriarche, si le patriarcat se limite à l’âge, alors la traduction du Mbombog n’est pas patriarche. Seulement dans la notion de patriarche, il y a un sous-entendu de « sage », c’est la raison pour laquelle on le traduit ainsi. Il est plus sagesse qu’âgé.
C’est quelqu’un qui a une référence qu’on va trouver, pour sa sagesse et pour ses connaissances. Autre fois, les gens voyageaient sur des centaines, voire des milliers de kilomètres pour se rendre auprès des sages (notamment en Egypte) pour apprendre, pour développer leurs connaissances. Généralement, on va vers celui qu’on pense détenir de la sagesse ; et lui dans sa sagesse décèle ceux qui peuvent et qui ont le mérite de pouvoir connaître certaines choses. Donc, on ne met pas tout et n’importe quoi entre les mains de  n’importe qui.
Sous l’influence de la colonisation, la notion de Mbog comme celle de chef ont évoluées toutes les deux dans un sens erroné. En effet, dans l’urgence de soumettre les gens,  le colon n’a jamais appliqué la pédagogie usant principalement de brutalité et de répression. Le chef est donc devenu celui qui devait fouetter et non plus celui qui devait guider. De la même manière que chez les Mbombog on n’a retenu que la capacité à châtier et l’évolution a été que certains d’entre eux pour ne pas dire beaucoup ne réagissaient qu’à la capacité de nuire. Le Mbog c’est la sagesse, c’est la tradition, c’est pour encadrer, c’est pour le bien des gens. On a oublié sa capacité à vous amener de l’avant, à appeler les grâces sur vous et tout le monde n’a retenu que sa capacité à vous nuire.

 

LG
Peut-on dire qu’entre autres, le devoir du Mbombog est de restituer ce patrimoine un peu « perdu » et au sein duquel il y a des valeurs pouvant nous permettre d’avancer et même de nous épanouir ?
SM JAB
Absolument, je crois d’ailleurs que l’opposition entre ce que nous savions et ce que le « blanc » apportait était une opposition comme d’habitude chez les êtres humains, artificiel. Parce que si tout le monde croit en Dieu, Dieu n’a pas pu fabriquer les uns supérieurs aux autres et il n’a pas pu fabriquer les uns dépourvus de ce que les autres pourraient avoir et dont ils pourraient avoir besoin. Ça veut dire que dans toutes les parties du monde, on doit être capable de manger et de se soigner. Donc vous avez chez vous ce qui doit vous permettre de vivre dans le bonheur.

 

LG
Pour conclure sur la place du  Mbombog dans la communauté bassa, vous avez dit qu’il est le guide, celui qui se met à la place des autres, y a-t-il d’autres choses que vous pouvez nous dire à ce propos ?
SM JAB
Oui. Une fois que vous avez parlé de la sagesse, vous avez définit sa place. Autrefois, c’était quelqu’un à part entière tout en étant dans la société. Malheureusement, le respect a muté pour devenir la crainte, et certains se  complaisent dans la crainte. Il ne s’agit pas d’être craint mais il s’agit d’être respecté, le respect que confère la sagesse. Malheureusement aussi on ne peut pas l’oublier, cela s’est travestie. A partir du moment où on commence à vous craindre (c’est la faiblesse humaine), vous avez tendance à exagérer, à vouloir bénéficier d’un privilège de plus en plus grand jusqu’au jour où l’imposture peut être révélée et jeter le discrédit sur toute la confrérie du Mbog. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la place est à reconquérir.

 

LG
Cela nous emmène à parler des symboles matériels du Mbombog, il y a la tenue d’apparat, les chasse-mouches… Quelles sont leurs significations ?
SM JAB
Il y a effectivement des choses qu’on peut dire et des choses qu’on ne peut pas dire. Ce qui est symbole doit rester symbole, et le symbole n’est pas la chose elle-même. Mais, soit dit en passant pour les Mbombog, il faut quand même savoir qu’ils ont un chasse-mouches et lui, il est quelque chose qui n’est pas un symbole. Le chasse mouche symbole est devenu ce que tout le monde tient aujourd’hui, mais il faut savoir que celui du Mbombog n’est pas pareil.  Il a effectivement quelque chose de différent.

 

LG
Le Mbombog que vous êtes aujourd’hui, comment pensez-vous que la culture puisse être mise au service du tourisme.
SM JAB
On dit souvent que la culture est ce qui nous reste quand on a tout perdu. Ce qui veut dire que la culture c’est vous-même. Pour être au service de la culture, il faut simplement être soit même, montrer qui on est vraiment dans une partie du monde, ou du pays. Votre façon de vivre peut intéresser ceux qui vivent différemment. On a cette faculté ou cette tendance à se replier sur soi-même au point de penser en tout temps qu’on n’a rien à apprendre de l’autre ; précisément parce que les autres sont différents, aller voir comment ils sont doit être intéressant. Par exemple, les masques qu’on a chez nous, les gens partent bien de très loin pour venir voir ces masques. Quand on vous dit qu’il y a telle grotte à tel endroit et qu’il ait des dessins primitifs dessus, faits il y a deux voire trois milles ans, vous essayer de comprendre à travers le dessin comment ils pensaient, avec quoi ils ont pu dessiner. Donc je crois que favoriser la culture favorise le tourisme. Il est donc très important d’être original.

 

LG
Les jeunes générations sont réfractaires à certains aspects de nos traditions, sans doute à cause des préjugés ; peut-être avec votre « aura », le respect et l’admiration qu’ils ont pour vous, vous pouvez servir de modèle pour ces jeunes afin qu’ils s’approprient leur patrimoine culturel.
SM JAB
Ecoutez, je crois qu’on a toujours tendance à accuser les jeunes. Je pense que chaque fois qu’on accuse les jeunes on s’accuse soit même. En ce sens que, généralement l’enseignant est plus âgé que l’enseigné. Donc un enseigné qui ne comprend pas, peut-être c’est sa faute. Mais un bon enseignant commence par se remettre en cause et se demander s’il a la bonne méthode, si son message est clair et pour quoi l’enseigné ne comprend pas. Donc si nos jeunes sont comme ils sont, c’est que les plus âgés ont permis qu’ils le soient. Ils ont forcément un tort et si les cadets sont si loin de la culture c’est que nous même on a commencé à nous en éloigner un peu et qu’eux ils le sont davantage. Comme vous le savez, à la naissance d’un angle les deux côtés ne sont pas éloigné, mais, plus on va avancer, plus les côtés seront éloignés. Ça veut dire que ceux qui ont commis la première faute peuvent ne pas s’en apercevoir mais se sont décalé de quelques degrés, et aujourd’hui, plusieurs années après, les jeunes sont très éloignés de là où on était il y a trente ans. C’est donc la responsabilité des plus âgés de se recentrer, de revenir eux même suffisamment pour encadrer les plus jeunes.  

 

LG
Auriez-vous un dernier mot ?
SM JAB
Personnellement, c’est rare que j’ai quelque chose à ajouter à une interview pour la simple et unique raison que ceux qui viennent savent ce qu’ils recherchent. Si on m’avait demandé de parler tout seul, je n’aurais pas dit tout ceci, car je le sais. Si j’ai quelque chose à dire c’est simplement que, de découvrir une publication comme la vôtre me surprend un peu et me rassure que précisément pour le bien, vous  ne pouvez prétendre être seul et pour y arriver il faut qu’il y ait plusieurs qui se retrouvent avec le même objectif. De voir une publication qui parle et du tourisme et de la culture, c’est ça la découverte, c’est comme ça qu’on s’enrichit. Ce n’est pas en restant sur soi-même et en essayant de soi-disant protéger ses intérêts. Votre travail, moi il me plait, ne vous découragez pas, il faut savoir que ce que vous faites aujourd’hui peut ne pas être compris de tous mais, c’est avec le temps. Nous avons besoin que des gens qui s’engagent et des publications comme ça je trouve que c’est vraiment sérieux, c’est très bien.

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